Le mensuel pratique et technique de kinésithérapeute

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Kiné actu
Institut de la Kinésithérapie

Sous la direction de N. KOTZKI et A. DUPEYRON
Édition Masson

Ce livre regroupe un condensé de l’actualité sur le renforcement musculaire et la performance motrice. Technique active reine du kinésithérapeute, le renforcement musculaire se doit de respecter tant les modalités pratiques nécessaires à son efficacité que les spécificités du contexte clinique en présence (âge, pathologie, objectif de réadaptation, les niveaux d’activité physique…)
La première partie de l’ouvrage retrace schématiquement mais avec efficacité les mécanismes physio-pathologiques de l’amyotrophie ainsi que les bases physiologiques du renforcement musculaire.
La première notion développe donc les méandres de la perte de masse musculaire soit directement liée à des pathologies neuromusculaires soit comme une conséquence indirecte essentiellement de l’immobilisation ou de l’immobilité. Le vieillissement potentialise bien évidemment tous les mécanismes aboutissant alors à une désadaptation prématurée du muscle avec un potentiel de récupération largement amputée par l’âge du patient.
Les auteurs, J. MERCIER et S BOURDENAVE ouvrent l’amyotrophie à d’autres pathologies systémiques comme les BPCO et les insuffisances cardiaques ou rénales.
P. BERNARD et F. VERDERA traitent ensuite des bases physiologiques du renforcement musculaire ainsi que de ses modalités d’applications et techniques de mesure. Le renforcement musculaire n’est pas la simple exploitation de la contraction musculaire, pour être efficace il se doit de respecter des modalités d’application strictes. Outre les typologies de travail musculaire, la valeur de la résistance maximale est déterminante pour atteindre les objectifs escomptés. Les auteurs s’accordent aujourd’hui pour valoriser la résistance de travail à un minimum de 75% de la RM.
La seconde partie développe très largement les différentes techniques de renforcement musculaire que ce soit vers un gain de volume et/ou de force. Outre la méthode pliométrique, vectrice de gain de force explosive ou l’isocinétisme bien connu de tous, un article de D. MAQUET et collaborateur sur les vibrations corporelles totales est très intéressant et d’actualité. Le développement commercial de plateformes vibrantes est aujourd’hui un fait avec des échos parfois contrastés. Le mécanisme physiologique de base impliqué semble être «  le tonic vibration stretch reflex » comparable au réflexe de percussion du tendon facilitant la stimulation du motoneurone alpha et donc la contraction musculaire. Les études publiées sont parfois disparates mais les différences entre entrainement classique et entrainement sur plateforme vibrante sont très faibles en ce qui concerne les performances musculaires.
Par contre les auteurs semblent d’accord sur les bénéfices métaboliques et sur l’augmentation de la densité osseuse dans le cadre des exercices sur plateforme vibrante.
Les effets des plateformes vibrantes sont donc réels mais la comparaison avec les méthodes classiques d’entrainement restent encore discutée. Par contre pour les populations ne pouvant ou ne souhaitant pas mener un entrainement musculaire classique, les effets scientifiques de la vibrotonie corporelle totale sont réels. Toutefois, il est nécessaire également de préciser les modalités d’applicabilités individuelles afin de limiter au maximum les effets secondaires et délétères potentiels.
La dernière partie du livre concerne les applications thérapeutiques. Les champs sont bien évidemment très larges : de la prévention de la chute de la personne âgée aux utilisations du renforcement musculaire en neurologie, rhumatologie et pathologies sportives.
Un article de F. BECKER et collaborateurs est très intéressant, il traite de l’amélioration de la pompe musculaire surale. Le triceps sural, outre ses rôles moteurs bien connus a une mission essentielle dans le retour veineux du membre inférieur. La richesse aponévrotique et faciale du triceps sural lui confère un véritable rôle de pompage par l’alternance contraction musculaire/relâchement. Cette région est traversée par un très riche réseau veineux tant intramusculaire qu’intermusculaire. Outre l’entretien de la qualité musculaire du triceps sural, les auteurs insistent également sur le maintien du potentiel de mobilité de l’articulation de la cheville en flexion dorsale afin d’optimiser l’effet «  mis en tension-compression-relâchement » sur les structures vasculaires surales.
D’autres situations cliniques sont traitées comme le renforcement musculaire du patient médullaire, le renforcement musculaire du patient lombalgique, le renforcement musculaire du patient atteint de cardiopathie ischémique.

Au total ce livre ne se veut pas être un livre exhaustive des connaissances scientifiques sur le renforcement musculaire mais un condensé. Il veut surtout permettre au lecteur de projeter ses connaissances dans l’applicabilité clinique du soignant et à ce titre du kinésithérapeute.
Si le renforcement musculaire se veut efficace, il lui faut respecter les modalités pratiques liées à l’objectif thérapeutique et son adaptation au patient que nous avons en charge ; choix facile à écrire mais pas toujours aisée à mettre en œuvre.



 
 
 
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