Thérapie miroir après un AVC : faut-il mobiliser les deux membres supérieurs ou uniquement le côté sain ?
Résumé
Plus de 80 % des patients post-AVC présentent une atteinte motrice du membre supérieur en phase aiguë, et 30 à 66 % conservent des déficits au-delà de six mois, faisant de la restauration fonctionnelle un enjeu rééducatif majeur. Dans ce contexte, la thérapie miroir suscite un intérêt croissant, mais souffre d'une hétérogénéité méthodologique qui brouille l'interprétation de ses effets. La revue systématique de Boening et al., portant sur 19 essais randomisés (628 participants), tranche cette question en dissociant rigoureusement modalités unilatérale et bilatérale, et en n'incluant que des comparateurs à dose motrice strictement équivalente. Les résultats révèlent un effet modéré et significatif de la modalité unilatérale (DMS = 0,48 ; gain FMA ≈ 5 points), tandis que l'approche bilatérale n'apporte aucun bénéfice spécifique au-delà de la répétition motrice. Une lecture qui invite le kinésithérapeute à cibler l'usage du miroir, notamment chez les patients dont le membre atteint reste inaccessible à la mobilisation active.