Retour d'expérience : enseignements de « santé et pensée critique » en IFMK
Résumé
Former l'esprit critique des futurs masseurs-kinésithérapeutes dès la première année d'IFMK répond à un impératif éthique et clinique : armer les étudiants face aux dérives thérapeutiques, aux pratiques non conventionnelles et aux biais cognitifs qui traversent le raisonnement clinique. Sur quatre années et trois instituts de Nouvelle-Aquitaine (Bègles, Bordeaux, Dax), un dispositif pédagogique bâti selon le modèle ACRE combine cours magistral de zététique et d'autodéfense intellectuelle avec des travaux dirigés en « débat mouvant » construits sur des situations de soin réelles, s'appuyant sur des références de pop culture (Dune, Coluche) pour ancrer des notions abstraites. L'évaluation par échelle de Likert (0-10), menée sur cinq sessions, révèle une adhésion majoritairement positive des élèves, tempérée par un probable biais du survivant. L'analyse dégage surtout un parallèle inédit entre posture clinicienne et posture pédagogique : congruence, empathie, regard positif inconditionnel et principe de charité épistémique s'imposent autant face au patient qu'à l'apprenant, invitant enseignants et futurs thérapeutes à un même exercice d'humilité épistémique.