Bronchopneumopathie chronique obstructive. Prescription d'activité physique et sportive

Résumé

Première des causes de limitation ventilatoire irréversible, la BPCO touche 4 à 10 % de la population et plonge progressivement le patient dans une spirale délétère : la dyspnée induite par l'obstruction bronchique réduit les activités quotidiennes, accélère le déconditionnement musculaire squelettique et aggrave en retour la dyspnée. Ce cercle vicieux, décrit par Young dès 1983, constitue la cible thérapeutique centrale de l'activité physique dans cette pathologie. Le réentraînement à l'effort vise simultanément à optimiser la capacité cardiorespiratoire et à restaurer la voie métabolique oxydative aérobie des fibres musculaires, réduisant ainsi la production de lactate et, mécaniquement, l'hyperventilation d'effort. Quel que soit le stade de sévérité — du stade léger au stade très sévère —, tous les patients sont éligibles à une prescription d'activité physique combinant endurance et renforcement musculaire, sous réserve d'une évaluation cardiovasculaire préalable, d'une surveillance de la SatO₂ et d'une progression strictement individualisée. Depuis l'arrêté du 28 décembre 2023, le kinésithérapeute dispose désormais de la capacité d'adapter et de renouveler cette prescription, renforçant son rôle pivot dans la réhabilitation respiratoire ambulatoire.